[RP] Dans l'espoir d'un retour
Publié : dim. 10 juil. 2011 11:56

Dès les premières lueurs du jour, la Cité de Gypsis fut réveillée par un cri… Pas un cri de surprise suite à une mauvaise blague, ni même un cri de douleur résultant d’un coup ou d’une chute, mais bien un cri de peur, ou plutôt de terreur !
Aussitôt, portes et fenêtres s’ouvrirent et les premiers curieux ne tardèrent pas à envahir la rue encore déserte à cette heure-ci, si bien qu’après quelques minutes, une petite troupe des plus courageux Gypsotes, dont certains s’étaient armés de bâtons, remontait déjà la Grand’rue en direction du Ched.
C’est là qu’ils découvrirent une jeune femme tremblante, un cageot de pommes renversé à ses pieds. Incapable de répondre aux sollicitations de la petite troupe, elle se contenta de tendre tant bien que mal son bras en indiquant la direction du perron du Ched. La troupe s’engagea dans les escaliers mais s’arrêta stupéfaite au bord du perron : à deux pas de l’entrée du Ched gisait un corps !
Les hommes s’approchèrent avec prudence. Sur le sol, un homme vêtu de haillons, inconscient, semblait bien mal en point. Cédant à la panique, un des hommes s’écria : « C’est un assassinat ! A l’assassin ! A l’assassin ! ». Puis il s’enfuit en criant et en courant à travers les rues de la Cité.
Un meurtre à Gypsis ? Serait-ce possible ? Qui aurait bien pu commettre un tel acte dans une cité si tranquille, sans histoire ?
Rapidement, il fut décidé de faire prévenir Dame Faresc. Celle-ci arriva quelques minutes après puisqu’elle avait été, elle aussi, réveillée par tous ces cris. En arrivant sur place, elle comprit que la situation était grave. Elle demanda à ce que l'on retourne le corps pour pouvoir l’ausculter et personne ne put retenir sa surprise : allongé sur les dalles du perron gisait JulKaiser, inconscient et très amaigri. Il portait une vieille tunique extrêmement sale, trouée, avec des marques de brûlures au niveau des manches.
Passée la stupéfaction, Dame Faresc laissa place à l’action. Elle demanda à ce que l'on apporte une charrette afin de pouvoir transporter JulKaiser à l’hôpital rapidement, et sollicita l’aide de la troupe pour l’aider à le porter.
Alors que la charrette allait s’élancer, des cris lointains résonnèrent dans la cité. Un homme remontait la rue en criant : « A l’aide ! Au feu ! Au feu ! ». Rejoignant le groupe, il expliqua : « Il y a une maison en feu, à l’Ouest de la cité, en direction de Koryndon ! Il nous faut de l’aide ! ». Tous les regards suivirent la direction indiquée jusqu’à découvrir la colonne de fumée noire à l’horizon, puis se portèrent sur JulKaiser et chacun conclut à la même chose : la maison en feu était la sienne, les traces de brûlures qu’il portait prenait là tout leur sens… Puis la foule s’agita, et déjà les premiers volontaires s’élancèrent munis de seaux.
On installa JulKaiser à l’hôpital. Après l’avoir bien examiné, Dame Faresc avait acquis la certitude que l’état de son ami était sérieux. Elle s’installa à son bureau et rédigea en urgence des messages à Dame Tricotin ainsi qu’à tous les apothicaires du Territoire car elle allait avoir besoin de l’aide de tout le monde… Grâce à la rapidité des pigeons, chacun fut informé dans les plus brefs délais, si bien qu’à la nuit tombée tout le monde avait rejoint l’hôpital de Gypsis pour porter assistance et conseils.
Les avis étaient réservés, personne ne comprenait. Au cours de la journée, JulKaiser, qui avait repris conscience, avait été incapable de manger quoi que ce soit, ni même boire, et son état continuait de décliner dangereusement ! Aucune décoction de lichen, ni même toutes les potions, dont seule Dame Faresc a le secret, ne semblaient venir à bout de ce mal étrange qui dépassait les connaissances de chacune des personnes présentes.
Tout le monde s’installa autour d’une table pour entamer la nuit la plus longue que chacun d’eux n’avait encore vécue depuis qu’ils avaient échoué sur le Territoire, afin de discuter des mesures à prendre pour sauver JulKaiser. Ce n’est qu’au petit matin qu’un compromis fut trouvé.
Devant le manque de moyens et de solutions, il fut décidé d’envoyer JulKaiser par delà les frontières du Territoire, vers le grand inconnu, où il pourrait être recueilli par d’autres et soigné… La délégation d’apothicaires fit part de sa décision à JulKaiser, et celui-ci réunit ses dernières forces dans un murmure : « Merci… ». Alors on affréta en urgence une barque avec des couvertures et des vivres pour quelques jours, puis la barque fut arrimée à l’arrière du lougre de Dame Tricotin. Avant midi, le cortège d’apothicaires avait embarqué, et le lougre mit le cap sur Islandsis.
Après une courte escale, le lougre s’élança en direction de la frontière orientale. On détacha la corde puis le lougre amorça un demi-tour pour revenir vers Islandsis et s’arrêta. Tout le monde regardait s’éloigner cette barque qui franchit la barrière de corail sans encombres et disparut à l’horizon. Chacun avait le cœur gros mais au fond d’eux-mêmes ils savaient que c’était là la seule solution pour sauver leur ami d’une mort certaine…