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Documentation version 4

L'herbier des simples

Rappel : Cette page a été rédigée par des joueurs du Territoire de Kiponie. En conséquence, il est possible que certaines informations soit erronées ou non mises à jour. Si vous remarquez une erreur ou un oubli, n'hésitez pas à modifier la partie correspondante.

1. Présentation

Dernière édition : Frodea an 221 AUC
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Lancé en l'an 185, cette création kiponaise, à l'initiative de Dame Faresc et de son journal Alternative, invite les Kiponais à créer un récit d'aventure en libre écriture. L'aventure collective commence. Chaque écrivain apporte sa vision, son imagination et essaie de rendre cette aventure la plus palpitante possible. De jeunes auteurs comme Dana, Salmisra2a s'invite à l'aventure. Puis des plumes comme Laufa et Dame Tricotin viennent compléter l'équipe.

Bonne lecture.


*Chapitre 1 (Nevea 185) par faresc
*Chapitre 2 (Messia 185) par Dana
*Chapitre 3 (Prairial 186) par faresc
*Chapitre 4 (Helia 186) par bibitricotin
*Chapitre 5 (Helia 186) par Salmissra2a
*Chapitre 6 (Eolia 187) par bibitricotin
*Chapitre 7 (Florea 188) par Laufa
*Chapitre 8 (Florea 188) par faresc
*Chapitre 9 (Nevea 189) par Dana
*Chapitre 10 (Pluvea 192) par bibitricotin
*Chapitre 11 (Eolia 194) par faresc
*Chapitre 12 (Messia 203) par bibitricotin
*Chapitre 13 (Eolia 204) par Dana
*Chapitre 14 (Nevea 206) par faresc
*Chapitre 15 (Pluvea 213) par bibitricotin
*Chapitre 16 (Florea 217) par faresc
*Chapitre 17 (Brumea 220) par Dana

2. chapitre 1: La découverte

Dernière édition : Pluvea an 213 AUC
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Chapitre 1
La découverte



On découvrit l'utilité de la plante médicinale bien avant que l'IS ne croise notre licorne sacrée et ne donne naissance à notre beau Territoire. Nous avons retrouvé dans une grotte près de Pyrrit des papyrus datant de 8000 ans avant l'IS. Il y était indiqué diverses pathologies ainsi que leurs remèdes. Ce qui venait conforter l'idée qu'il y avait sur le Territoire plusieurs types de plantes médicinales.

La découverte récente de l' «Amnesiae Lapiazae » par Salmissra2a apportait une nouvelle preuve à cette quasi certitude.

Il ne fallait pas avoir inventé le P'Rit (boisson locale de la région Pyrritoise) pour se rendre compte qu'après une récolte de « plantes médicinales », elles n'étaient pas toutes semblables. Cette constatation corroborait les dires de ce papyrus consulté par les sages du Territoire, les anciens avec ou sans binocles, tendant les bras pour mieux voir ou collant le document sur le nez pour mieux lire, qui restaient depuis très longtemps perplexes et dubitatifs devant la diversité des dites plantes. Les feuillets parlaient d'un herbarium, communément dit « herbier des simples ». « Les simples » désignant les remèdes populaires simples, végétaux ou non.

Il enseignait comment diviser la plante officinale, comment utiliser "le rhizome", la "racine", l"écorce", le bourgeon, ….. Chaque partie de la plante ayant des propriétés médicamenteuses différentes. Une révolution dans le savoir de la guérison !

Nos apothicaires Kiponais, pour lesquels nous avons un grand respect, n'en sont pour l'instant qu'à jeter un sac de lichen dans une peau de bête avec un peu de lait pour fabriquer les potions "guérisseuses". On connaît l'aversion des Kiponais envers le lichen, enfin pour certains d'entre eux ! Pour peu que l'on ait mal nettoyé la peau, au dépeçage des bêtes, il reste en arrière gorge, un goût de viande putréfiée.

Que ce soit des potions de force, de logique ou d'intelligence, le résultat est malheureusement le même.

C'est pourquoi cet "herbier" nous serait d'une grande utilité. Seulement, hormis les papyrus en question, nous ne l'avons jamais trouvé.

Le dernier rouleau, qui était posé au fond de la boîte en bois, a beaucoup souffert et il est quasiment illisible. Mais sans aucun doute possible une carte y était dessinée. Serait-ce l'endroit où se trouvent l'herbier et ses recettes tant convoitées ? Nul ne le sait ! Nul ne sait d'ailleurs, si la carte représentait le Territoire. On pourrait envisager que ce trait grossier, là en haut, représente le Kret Kermisite du côté d'Aârgoni et que nous sommes aux portes du désert, mais nous sommes très loin d'en être absolument certains.

Une enquête serait fort à propos. Si d'aventure vous entendez parler d'un grimoire ou encore d'un remède peu commun en Kiponie, on peut espérer que l'un de nous l'ait trouvé. Quoiqu'il en soit à en juger par l'état de la boîte qui protégeait les fameux papyrus, il y a peu d'espoir, car elle était déjà très vermoulue et l'humidité a fait son œuvre en cachant une bonne partie des textes qui nous intéressent ici.

Les sages prennent donc le risque d'en appeler à tous les Kiponais, tout élément de réponse ou de semblant de piste sera étudié par le "Comité". D'un coup de plume indiquez-nous vos découvertes. Nous espérons vous lire et comptons sur vous.

Il en va peut-être de l'avenir de la Kiponie.

3. chapitre 2: La première détective

Dernière édition : Pluvea an 213 AUC
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Chapitre 2
La première détective




L' histoire de cet herbier des simples dont j'ai entendu parler m'intrigue fort. Il s'agirait de papyrus découverts dans une boîte à moitié rongée par la vermine et ses précieux feuillets eux-mêmes endommagés, d'après ce que j'ai pu comprendre, les textes pratiquement illisibles.

Ma curiosité pour cette histoire fit divaguer mon imagination, car j'avais quelques secrets que je n'avais partagés avec quiconque. Lors de mes excursions en solitaire aux confins du Territoire, j'avais rapporté un bâton de druide sur lequel était gravé un serpent imbriqué dans un bouquet de fleurs sauvages avec deux initiales surmontant le tout, mais dont la description n'était pas lisible.

Cette découverte aurait-elle un lien avec le fameux herbier des simples ?

Il faudrait que je puisse consulter cette carte dont parle l'article afin de savoir si ma direction était la bonne, bien qu'il semblerait qu'elle ne nous apprenne pas grand chose.

Je décide de retourner sur les lieux de ma trouvaille dès le lendemain de très bonne heure. L'endroit est assez éloigné et nécessite de bonnes chaussures de marche.

En partant d'Aârgoni en direction de la vallée du Cinabr, là où le désert commence et les arbres se raréfient, si on s'enfonce en quittant la piste, beaucoup plus loin dans cette partie du Territoire, on est surpris de retrouver peu à peu une végétation plus dense, alors même qu'on pensait qu'il n'y avait plus rien.

C'est ici, dans cette partie des terres, juste avant de rejoindre le massif du Kad, que j'avais découvert ce bâton au pied d'un grand buisson. Je n'en avais parlé à personne, car sur le moment cela n'avait pour moi rien de bien extraordinaire. Puis, je m'étais aventurée au-delà des limites territoriales, et je pensais que cela pourrait me valoir des représailles ou pour le moins une amende. Alors, j'avais gardé pour moi cette "aventure" si je peux la nommer ainsi.

J'y suis donc retourné aujourd'hui dans ce lieu où il paraitrait que nul ne s'est jamais aventuré. Fébrilement j'écarte des racines, je furète alentours, je creuse dans les sillons formés par l'érosion, des hautes herbes me cachent de profondes ornières.

Mon exploration reste improductive. Que m'étais-je donc imaginée ? Je dois repartir vers la civilisation et surtout travailler avec les autres afin de mettre nos connaissances en commun.

Je devrai aussi consulter cette carte, c'est par là que j'aurai dû commencer. Nantie de ces bonnes résolutions, je rebrousse chemin rêvant à ce que nous apporterait la découverte de cet herbier, aux possibilités innombrables pour les apothicaires et surtout le bonheur des guérisseurs et manipulateurs qui expérimentent dans leurs antres cachés des recettes miraculeuses qui n'aboutissent jamais. ( c'est un secret, je vous le dis dans le creux de l'oreille, je bricole moi-même des mélanges pas toujours très heureux avec des plantes et des fleurs, mais : chut ne le répétez pas !).

Me voici de retour dans ma chaumière, il fait nuit et en m'endormant je me dis que demain j'apporterai mon bâton de druide au Comité afin qu'il en fasse l'usage qu'il juge le plus opportun, peut être une expertise, ou bien organiser une expédition plus judicieuse que la mienne en tout cas je me mets à leur entière disposition pour participer à ce fabuleux travail de détective.

4. chapitre 3: Qui sont-ils?

Dernière édition : Pluvea an 213 AUC
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Chapitre 3
Qui sont-ils ?



Très intriguée par "l'herbier des simples" et surtout par le Comité, elle n'y tint plus. Il fallait qu'elle mène une enquête.

Trop connue pour ses voyages en lougre, pour défier la vigilance des membres du Comité, c'est à cheval qu'elle arriva à Pyrrit un soir de Brumea.

Usant de son savoir en matière de potion, elle prépara une fiole prévue pour délier les langues. Elle l'avait surnommée "la potion à palabres".

A la taverne, donnant à qui en voulait de cette cervoise "très spéciale", elle glana quelques renseignements. Les plus loquaces sur la question buvaient beaucoup ! D'après les dires de ses convives, le Comité était formé de cinq Kiponais qui avaient l'air très vieux, mais cela n'était pas confirmé. Ils se rencontraient à l'autre bout de la ville derrière les parcelles libres de construction, pour les uns dans une grotte, pour les autres dans une cabane accrochée dans un arbre. C'était à vérifier.

Leur apparence était quelque peu apparentée aux druides, ovates ou sorciers de toutes sortes. Un grand manteau et une capuche étaient les deux éléments qui avaient été cités à chaque fois. Autre information précieuse, ils ne sortaient que les soirs sans lune.

Certains juraient qu'ils avaient un grand bâton et d'autres une canne tellement ils étaient vieux ! Homme, femme ou animal nul n'avait été capable de le dire. Sur ce point la bataille était rude et le ton montait dès qu'il s'agissait de ce détail.

Après cette soirée bien arrosée, les choses, bien que très confuses, paraissaient malgré tout un peu plus claires.

Pouvait-il s'agir de quelqu’un de ses connaissances. Faresc en doutait, mais n'écartait pas cette possibilité. Dans ce genre d'enquête tout était envisageable.

Elle avait bien évidemment envie de voir la carte, tout comme cette jeune détective Koryndoise, mais ce qui la taraudait surtout c'était l'existence de ce "Comité". Pourquoi existait-il ? Quel pouvoir avait-il ? Pourquoi se réunir en secret ? Et pourquoi se dévoilait maintenant et qui plus est , avec un appel à témoin dans son magazine Alternative ?

Tant de questions qui n'auraient pas toute une réponse, elle le savait. Il fallait être patiente.

Elle traîna donc les soirs sans lune, dans la cité de Pyrrit et manqua même d'y renoncer, car aucun manteau à capuche ne se dirigeait vers les parcelles non exploitées.

Prête à reprendre la direction de sa cité de naufrage, elle fit une dernière ronde la veille du départ. Elle entendit alors un bruit de bâton claquant sur le sol au rythme d'un pas. Elle n'osa se retourner. Il fallait qu'elle parvienne à disparaître et à se laisser doubler pour être certaine qu'il puisse s'agir d'un membre du Comité.

Elle tourna donc vers les quais et fit mine de se diriger vers son vieux lougre qu'elle n'avait pas le cœur de faire couler. Dans son dos, elle sentit l'ombre dépasser la ruelle menant aux quais.

Avec prudence elle fit demi-tour, arriva au coin de la rue et regarda à gauche, direction que la silhouette avait prise. Elle l'aperçut enfin. "Il" marchait vêtu d'un grand manteau, capuchonné et avait un grand bâton à la main. Tout à fait l'allure d'un druide !

Elle essaya de le suivre discrètement, rasant les murs, se cachant derrière les buissons une fois dépassées les dernières demeures. Elle n'avait pas eu peur jusque là, mais elle vit une autre silhouette semblable apparaître soudain à sa droite qui la fit sursauter. N'ayant que peu de solution pour se cacher, elle baissa la tête, et attendit les yeux fermés qu'on lui demande ce qu'elle faisait à une heure pareille dans ce secteur de la ville.

Le temps semblait arrêté . Le silence était lourd et elle tenta d'ouvrir les yeux. Quelques secondes venaient de s'écouler, mais les deux membres du Comité, il ne pouvait s'agir que de cela, elle en avait l'intime conviction, avaient disparu.

Personne ne l'avait questionnée ! Ne sachant s'il fallait continuer son chemin ou retourner à la civilisation, elle tourna en rond quelques instants en réfléchissant.

"Pourquoi le Comité ne se fait-il pas connaître ? Qu'a-t-il à cacher ?"

N'étant plus très sûre de ce qu'elle cherchait à savoir, elle finit par rebrousser chemin et se jura de percer le mystère, mais avant cela il fallait peut-être rencontrer cette jeune Dana afin de voir à quoi ressemblait le fameux bâton qu'elle avait découvert.

5. chapitre 4: Mystérieux emblème

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Chapitre 4
Mystérieux emblème




Il y a quelques kipo-mois déjà, je recevais à La Lucorne, un appel à témoins concernant une quête. On recherchait un vieux grimoire de potions et autres secrets médicinaux de l'antique Kiponie.

J'apprenais récemment, que Dame Faresc était partie à Pyrrit à la recherche de renseignements sur une mystérieuse confrérie encapuchonnée, qui s'intéressait à l'Herbier des simples. La jeune Dana semblait aussi se passionner pour ce précieux ouvrage. Tant de mystères ne pouvaient que titiller ma curiosité naturelle.

Je ne disposais que de quelques indices. Des papyrus tombant en poussière et une vieille carte mitée où l'on distinguait des montagnes, découverts dans une grotte à Pyrrit, ainsi qu'un drôle de bâton druidique sculpté, trouvé près du Massif Kaol. Ce dernier détail m'intriguait au plus haut point.

Dana donnait une description assez précise de la sculpture "un serpent imbriqué dans un bouquet de fleurs sauvages avec deux initiales surmontant le tout". Pourquoi ceci me paraissait-il familier?

Je décidais de fouiller dans la bibliothèque de mon époux disparu, Qwertz Bluehair'd. Il possédait des centaines de volumes en tout genre, c'était non seulement un grand écrivain, mais aussi un bibliophile éclairé. Je n'avais pas rouvert la porte de notre salle de lecture depuis longtemps. Tout y était resté en l'état, le personnel ayant pour consigne d'y faire le ménage sans rien déranger. Le souvenir de mon bienaimé respirait dans toute la pièce. Je détournais mon regard de son écritoire, pour me concentrer sur les rayonnages.

Il y avait là des manuels d'histoire et géographie, plusieurs tomes de chimie, physique, géologie, botanique, zoologie, des albums illustrés, des dictionnaires, des recueils de poésie… Mais c'est devant les tablettes supportant toute l'œuvre de mon époux, que je m'attardais. Mes doigts effleuraient les reliures, quand un titre éveilla mon intérêt, le volume n'étant pas à la bonne place. Il s'agissait d'un exemplaire de l'Histoire de la Kiponie, auquel avait collaboré le célèbre Gypsote Kaspar Natrio, l'un des premiers-nés sur le Territoire au tout début de sa création. Il avait fait de brillantes études à l'Université de Gypsis et en était ressorti Maître en philosophie. Il avait parcouru des contrées alors inconnues du Territoire.

Machinalement, j'ouvrais le livre sur l'un des chapitres relatant ses explorations territoriales. C'est là, que je le redécouvrais! Un emblème reproduit de la main du Maître Natrio! Un serpent ondoyant entre deux pattes griffues!

6. chapitre 5: le chat et l'ermite

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Chapitre 5
La chat et l'ermite



Dans une cabane au fin fond d'une des plus sombres forêts de Lapiaz vivait un ermite.

Un après-midi, un jeune chat se promenait, jouant avec une feuille de-ci, chassant un rongeur de-là. La nuit tomba et le félin fut perdu.

Le chat essaya de retrouver son chemin mais s'enfonça plus profondément dans la forêt, il tomba dans un buisson et se cassa la patte.

L'ermite qui coupait du bois et cueillait des champignons pour faire face aux rigueurs de l'hiver, tomba sur l'animal blessé, il l'amena en brouette jusqu'à sa cabane.

L'ermite sortit un papyrus d'une boîte et à sa lecture, entama la préparation d'une pâte verdâtre à l'odeur répugnante. Plusieurs heures furent nécessaire pour réaliser la mixture!

Il appliqua son onguent sur la patte du jeune félin et posa une petite atèle. La douleur fut quasi instantanée et le pauvre chat hurla, mais, rapidement il put poser la patte au sol... La guérison arriva donc en moins d'une journée ce qui même en territoire kiponais est étonnant!

Le chat remercia l'ermite et lui parla de l'article qu'il avait lu dans le journal sur des secrets oubliés des plantes de Kiponie. Comme le félin s'y attendait l'ermite lui expliqua les circonstances de la découverte du manuscrit: il l'avait trouvé dans une boîte en fer au fond d'une grotte dans la forêt de Lapiaz. Un seul parchemin était dans la petite boîte et ne présentait qu'une recette: celle de "Krak'os: l’onguent de réparation des os".

L'ermite après de longues négociations et la promesse de garder le lieu de sa retraite secret, permit au chat de faire une copie du parchemin et de le montrer au comité.

Mais où étaient les membres du comité et qui étaient-ils? Le chat partit donc à leur recherche...

7. chapitre 6 : Le parchemin codé

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Chapitre 6
Le Parchemin codé



Après avoir découvert l'emblème, je lisais le paragraphe au-dessus de l'illustration. Il y était question d'un symbole, découvert dans l'ancienne mine de cailloux de Gypsis. Je me souvenais que cette dernière avait été fermée quelques années avant mon échouage sur le Territoire. Pyrrit était alors devenue la seule et unique cité à posséder une mine de cailloux.

Kaspar Natrio racontait donc, qu'au cours de l'une de ses excursions sur les sites historiques de Kiponie, il avait pu entrer dans la mine désaffectée. Pendant plusieurs jours, il visita les galeries, quand un signe gravé dans la paroi attira son attention. Il s'agissait de l'emblème qu'il avait reproduit.

Celui-ci se trouvait dans un secteur inexploité de la mine. Il poursuivait, en indiquant qu'il avait eu toutes les peines du monde à convaincre les Gardes Présidentiels chargés de la sécurité du lieu, de lui permettre de s'enfoncer plus avant dans la mine. Le passage qui suivait décrivait les fonctions des Gardes et l'obtention du laisser-passer de la main même du Président du Territoire, que l'on disait féru d'histoire.

Je lisais les pages suivantes en diagonale, quand je tombais sur le mot "herboriste". Ici, Kaspar Natrio faisait allusion à la rencontre d'un homme, qui lui avait dit avoir vu le symbole sur des poteries d'un vendeur de "médiplantes" de la capitale. L'historien continuait son récit, en relatant les recherches effectuées pour retrouver la trace de cet herboriste. Celles-ci le menèrent jusqu'à la demeure d'un hydraulicien du nom de Gaspard Aquifère.

Aquifère... il me semblait avoir déjà entendu ce nom-là...

Gaspard Aquifère était un Kiponais au visage parcheminé, ce qui dénotait son grand âge. Il faisait partie de la première vague de naufragés sur le Territoire. Lorsque Kaspar Natrio lui montra son dessin, le vieillard prononça des mots dans une langue qui lui était étrangère et qu'il lui traduisit ensuite : "les Gardiens de l'Herbier".

Le reste du témoignage de Gaspard Aquifère, semblait confirmer l'existence de l'Herbier des Simples, disparu depuis des millénaires, mais également celle d'une Confrérie de l'Herbarium, chargée de la préservation de l'herbier.

Était-il possible que le Comité qui avait relancé les recherches, soit en fait constitué des membres de cette Confrérie de l'Herbier? Je poursuivais ma lecture.

Natrio précisait qu'Aquifère lui confia faire partie de la dite confrérie. Celle-ci existait depuis des millénaires et menait des expéditions par-delà les mondes, à la recherche de plantes médicinales. C'est au cours de l'un de ces voyages d'exploration, que le navire de Gaspard Aquifère s'échoua sur le Territoire. Au cours des années qu'il avait traversées, il avait eu la surprise de trouver des traces de la Confrérie sur les terres de la Semi-République. Il recherchait lui aussi l'herbier perdu.

Le chapitre se terminait sur une copie de parchemin que Gaspard Aquifère avait légué à sa mort à l'Institut d'Histoire de Kiponie, aujourd'hui remplacé par la grande bibliothèque de La Licorne. Natrio notait en légende : "Malheureusement, G. Aquifère mourut avant d'en dévoiler le code.".

Un texte codé! Voilà qui était des plus intéressant! Je me précipitais vers les rayonnages réservés aux dictionnaires, je savais y trouver un volume traitant de la paléographie.

8. chapitre 7: la clé !

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Chapitre 7
La clé !



Laufa avait gardé précieusement l'ensemble des articles publiés concernant l'Herbier des Simples. Elle était fascinée par cette énigme dont des bribes éparpillées à travers tout le Territoire semblaient prendre corps et se recoupaient.

Elle conservait en permanence l'énigme laissée par Gaspard Aquifère que Dame Tricotin avait retrouvée.

Gaspard Aquifère ! Ce nom ne la laissait pas indifférente. Elle avait croisé le jeune Darcy Aquifère lors de la recherche de la mine de Caledonyth. Sans doute un parent de ce Gaspard. Une grande famille d'érudits !

Elle avait très envie de découvrir ce que cachait ce message. Elle était d'un naturel curieux et les résolutions d'énigmes, comme celles de Salmissra du COFEKILAP ou celles de Slapea au COFEAARGO, l'avaient toujours passionnée.

Celle-ci n'avait pas échappé à la hérissonne et avait éveillé toute sa curiosité. Elle avait d'abord pris le chemin de la Licorne, source universelle des enseignements passés du Territoire mais elle n'y avait rien trouvé.

Dès qu'elle avait un moment de répit dans ses occupations, elle scrutait le bout de parchemin, à la recherche d'une idée pour décrypter le message. Elle pouvait le retranscrire de mémoire.

Lorsqu'elle surveillait ses agneaux au pré, elle dessinait à même le sol les symboles et tentait toute sorte de combinaisons. En Eolia 188, alors qu'elle attendait le départ de la course de brouettes, dans un coin du brouettodrome de Lapiaz, elle continuait encore et encore....

Mais là, à cet instant, tout lui parut si clair. Elle avait trouvé la clé. Elle effaça ce qu'elle avait griffonné au sol et inscrivit à nouveau le texte codé. Sous chacun des signes reconnus, elle nota la signification et ainsi, dans une excitation extrême, elle déchiffra le message de Gaspard.

Sans plus attendre, elle bouleversa le sol afin que plus rien ne soit visible. Elle envoya un pigeon aux dames Faresc et Dana les priant de la rejoindre au Manoir des Bluehair'd. Elle prit, elle aussi, cette direction. Elle y savait dame Tricotin à la recherche du code, il fallait qu'elles comparent leurs découvertes.

Elle arriva rapidement, connaissant les lieux et alors qu'elle tapait à la porte sans obtenir de réponse , elle entendit :

"Par le Grand Crapouilla ! J'ai trouvé !"

Elle tambourina de plus belle. Dame Tricotin avait sans aucun doute résolu elle-aussi l'énigme et l'excitation n'en était que plus forte !

Peut-être même en avait-elle déjà compris le sens ?

9. chapitre 8 : Piège ou complot ?

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Chapitre 8
Piège ou complot ?



Depuis qu'elle a quitté Pyrrit et qu'elle a croisé l'un des membres du Comité, elle n'est pas tranquille.

Depuis quelques temps Dame Faresc assiste à un phénomène des plus inquiétants. Le premier accident arriva sur son lougre. Elle le vit foncer sur elle et s'écraser à ses pieds, la tête ensanglantée, il ne bougeait plus. Mort, le pauvre pigeon!

Elle se baissa pour voir ce qu'il avait à délivrer, mais tout le monde sait qu'un pigeon mort ne délivre plus aucun message.

Le second accident survint à Gâalen, où elle avait fait halte pour une année avant de se rendre à Lapiaz pour la course de brouettes. Elle le vit atterrir devant sa porte fringuant, heureux d'être arrivé pour aussitôt s’affaisser victime d'un arrêt du cœur sans doute. Mort, le pauvre pigeon!

Elle se pencha le plus rapidement possible pour voir le message, mais n'eut le temps d'apercevoir que le mot "urgent" ; ce qui ne la rassura pas.

Elle se mit alors à guetter tous les pigeons qui lui étaient destinés et à se précipiter à lire les messages en surveillant les volatiles du coin de l’œil afin de s'assurer qu'ils ne mourraient pas.

Pourtant l'un d'entre eux eut le même sort en voulant entrer par la fenêtre de sa demeure, il s'étala sur la table où elle travaillait quelques textes. Mort, le pauvre pigeon !

Seulement elle fut rapide et eut le temps de lire "Danger" , "le Comité n'est pas la Confrérie" et des initiales "G.A."

Elle se précipita alors vers son lougre où elle avait emporté une multitude d'articles dans une malle afin de les classer pour la bibliothèque. Elle se mit à jeter les papiers qui ne correspondaient pas à sa recherche en les passant par dessus son épaule. Penchée sur le coffre elle fouillait tout en s'interrogeant:

"Mais où est passé l'article de Dame Tricotin ? Ah! le voilà !"

Elle reconnut tout de suite, à la lecture de ce qu'avait découvert Bibi, les initiales "G. A.": Gaspard Aquifère.

Interloquée par ce qu'elle venait de découvrir, il était évident qu'il fallait qu'elle rencontre Bibi à la course de brouettes.

Une nuit, à Lapiaz, elle eut peur en croyant apercevoir quelqu'un caché dans les buissons, mais quand elle alla vérifier elle n'y trouva rien.

Désormais, elle ne dormait que d'un oeil et prenait un certain nombre de précautions. Quand elle était seule, elle vérifiait que les portes étaient fermées à clef.

Sur la ligne de départ de la course de brouettes, elle était plus calme se pensant en sécurité au milieu de tous les concurrents.

Ceux qui ont suivi la course, auront sans doute remarqué qu'à mi-parcours Dame Faresc était en première position. Qu'ils se rassurent : point de dopage, ni de potion magique, juste la peur qui l'avait poussée à cavaler plus vite qu'elle ne le pouvait vraiment.

Tout au début de la course Dame Faresc alla son train comme à son habitude, car il n'avait jamais été question à ses yeux de gagner à tout prix.

Soudain, arrivant par la droite elle aperçut et reconnut le membre du Comité encapuchonné qu'elle avait croisé à Pyrrit.
Il fonçait droit sur elle . Son cœur se mit à battre plus fort et elle accéléra le plus vite possible doublant tous les concurrents et laissant presque sans voix Dame Bibi qui était sur sa tour de bois hurlant dans le porte-voix ses commentaires enflammés.

Elle remarqua très vite la stupeur de ses adversaires qui ne l'avaient jamais vue se donner autant à la course, mais qui peut faire courir plus vite que la peur ?

L' encapuchonné gagnait du terrain et arriva à sa hauteur dans le virage avant les marécages et lui hurla : "Ne cherchez plus où il en va de votre vie" et disparut comme il était apparu dans un nuage de fumée, illusion d'optique sans doute. Une chose était sûre il fut rapidement un point dans l'horizon.

Dame Faresc ralentit, elle était à bout de souffle.

(Sa place à l'arrivée n'apportant rien à l'histoire n'en parlons pas)

Inquiète elle commença à élaborer tous les scénarios. Elle tenta de voir Salmissra mais n'y parvint pas. L'angoisse allait grandissant, elle comprit enfin que l'appel dans les journaux n'était qu'un piège pour retrouver le précieux manuscrit.

A quelles fins ? Une guerre ancienne entre deux groupes de sages ou de sorciers? L'herbier avait-il des pouvoirs spéciaux?

Il fallait qu'elle en parle au plus vite à tous ceux qui s'étaient mis en quête de retrouver le précieux herbier des simples.
Elle fit rapidement ses bagages et se dirigea vers son lougre. C'est au moment de partir en direction de Gypsis et du manoir Bluehair'd qu'elle reçut le pigeon de Laufa l'invitant à s'y rendre.

Elle devait leur demander de l'aide.

10. chapitre 9: La confrontation

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Chapitre 9
La confrontation



Dana en rentrant chez elle trouva un pigeon qui l'attendait sur le bord de la fenêtre de sa chaumière, elle s'approcha de l'animal et ôta le petit billet accroché à sa patte, puis elle alla s'installer confortablement dans sa chambre.

- Mon Dieu, c'est Dame Laufa qui me prie de la rejoindre au manoir des Bluehair'd !

Il faut que je parte immédiatement, cette affaire a l'air très importante et ne souffre aucun retard d'après la teneur de ce message.

Dana se prépara donc à ressortir malgré l'heure tardive. Elle ferma sa porte et se dirigea dans la direction du manoir. Tout en cheminant, elle réfléchissait à cette affaire. Elle était certaine que cela se rapportait au mystérieux herbier des simples dont la quête avait continué depuis le jour où elle avait laissé le bâton de druide marqué des fameux symboles au comité qui s'occupait de l'affaire.

Dana savait que Dame Tricotin, Dame Faresc ainsi que Dame Laufa s'étaient bien investies dans cette histoire, leurs recherches avaient avancé dans le bon sens semblait-il et confirmaient bel et bien qu'un mystère existait ; d'autre part, une drôle de confrérie semblait elle aussi s'intéresser discrètement à cette énigme.

Serait-il possible que le parchemin codé découvert par dame Tricotin fut déchiffré? Laufa s'était acharnée elle aussi sur ces espèces de symboles, on la voyait souvent déambuler le museau sur le sol et les yeux mi-clos perdue dans une intense réflexion en tenant entre ses pattes ce fameux bout de papier aux signes archaïques.

Enfin toute à ses pensées Dana s'aperçut qu'elle arrivait aux portes du château. La grille était ouverte, elle pénétra dans le grand parc. Les lumières brillaient à une fenêtre du premier étage ; elle s'approcha, gravit le perron et pénétra dans l'immense hall.

Au moment où elle s'engouffrait dans le grand escalier des éclats de voix retentissaient, des rires fusaient, toutes ses amies étaient là, il ne manquait plus qu'elle. Elle ouvrit la porte et vit Laufa, Bibi, Faresc et même Salmissra assises en rond sur le sol et sur le beau tapis étaient étalés plusieurs livres ouverts ainsi que le fameux parchemin entouré de plusieurs feuillets tous pleins de gribouillis.

- Bonjour mesdames? Que se passe-t-il de si important? Qu'avez-vous donc découvert?

- Approche Dana, viens donc t'asseoir près de nous, m'invita Bibi ; Laufa nous apporte le fruit de ses longues réflexions et nous allons pouvoir comparer nos découvertes. Peut-être la clef de l'énigme va-t-elle enfin se résoudre!

Dana prit place au milieu du groupe, concentrant son regard sur le parchemin trônant au milieu du tapis, le silence se fit et c'est alors que Dame Tricotin prit la parole afin de nous dévoiler ce qu'elle avait appris de ses découvertes.

11. chapitre 10 : La Piste de l'Herbier

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Chapitre 10
La Piste de l'Herbier


Nous étions au complet. Alors que Dana s'installait confortablement sur l'épais tapis de laine, je tournais vers elle le parchemin sur lequel avait été imprimé le message codé de Gaspard Aquifère.

- Laufa, Salmissra et moi sommes arrivées à la même traduction. Je pense que le message de Gaspard Aquifère indique où se trouve l'Herbier des simples! Enfin, où il devait se trouver à l'époque. Nous ne pouvons pas être certaines qu'il y soit encore.

Dana écoutait attentivement. Les autres Dames guettaient sa réaction, se regardant d'un air entendu, leurs yeux pétillants d'excitation.

- J'ai eu confirmation dans un dictionnaire de paléographie, qui indique que la clé de ce type de code se trouvait généralement dans la signature du message. Laufa et Salmissra ont été très perspicaces! C'est un message de Gaspard Aquifère, donc il suffisait de remplacer les symboles de la signature par G. Aquifère. De fil en aiguille, le texte est mis au clair! Et voici ce que cela donne!

Je dépliais alors un autre parchemin sur lequel je m'étais amusée à reproduire l'emblème de la Confrérie de l'Herbier et le glissais sous les yeux de Dana.


Dana lisait à haute voix :
- Qui prend le chemin du mal, jusqu'aux adernes et cobiers, verra périr son cheval, mais y trouvera l'Herbier, G. Aquifère.

Elle me regardait d'un air interrogateur.

- Nous en étions là lorsque tu es arrivée. J'ai ma théorie sur l'interprétation de ce message, mais avant de vous la livrer, est-ce que cela vous inspire quelque chose?

Laufa se grattait le museau et dit :
- Après avoir décrypté le texte j'ai fait quelques recherches. Aderne et cobier sont des termes en rapport avec l'exploitation des marais salants.

J'acquiesçais, ayant également vérifié ces mots que je ne connaissais pas. Laufa poursuivait :

- Ensuite, il y a le symbole de la Confrérie de l'Herbier découvert dans l'ancienne mine de Gypsis, et les recherches de Dame Faresc qui l'ont conduite jusqu'à Pyrrit... il y a peut-être de vieux marais salants près de ces deux cités? Le message parle aussi de "chemin du mal", il y a bien la route qui va de Pyrrit jusqu'à Karst qui est réputée comme dangereuse...

Laufa me semblait sur la piste et ne pouvant plus tenir, je m'écriais :

- Je suis d'accord pour la route menant à Karst! Mais, des marais salants? Cela ne vous dit rien? Salmissra? interrogeais-je brûlant de donner la réponse.

- Ben quand je me suis installée à Lapiaz, personne ne voulait de mon bout de terrain qui est situé près des marais de Lagonie. En fait mon domaine est à la croisée des cités de Lapiaz, de Lazul et de Karst et son nom est le domaine de Malharian... Non ce n'est pas possible! s'exclamait Salmissra.

- Les Marais Salants de Lagonie! Si! C'est tout à fait possible Salmissra! rétorquais-je satisfaite. Ce sont les seuls marais salants dont on connaisse l'existence! Il n'y en a pas d'autres sur le Territoire! Le message de Gaspard Aquifère, fait allusion à ces marais tout près de Lapiaz! Comme l'a suggéré Laufa, le chemin du mal est sans doute la route qui va de Pyrrit à Karst. Les indices retrouvés à Gypsis et Pyrrit prouvent que la Confrérie de l'Herbier devait être basée dans le Nord du Territoire. Ils devaient sans doute éviter la grande route menant à la Capitale, qui à cette époque devait être très fréquentée.

Je regardais mes quatre amies, et ajoutais, un grand sourire éclairant mon visage :

- Mesdames, je crois que nous allons devoir faire un petit voyage, du côté de Lapiaz et des Marais Salants de Lagonie!

12. chapitre 11: Révélations

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*Faresc se leva et la regarda éberluée *

Chapitre 11
Révélations


A écouter ses amies au Manoir Bluehair'd, Dame Faresc se rendit compte qu'il ne pouvait s'agir de Gaspard Aquifère. Le message signé G.A., apporté par le pauvre pigeon à Lapiaz, ne pouvait être un message d'outre-tombe.

Durant cette réunion fort agréable, elle avait été peu loquace. Le ridicule ne tue pas, mais elle hésitait à revenir sur les messages qu'elle avait reçus, et surtout sur l'épisode durant la course de brouettes à Lapiaz.

Tout en retournant dans son château, elle réfléchit. Les découvertes de ses camarades parlaient d'une Confrérie et non d'un Comité. Pourquoi avait-elle fait cette méprise?

Elle fouilla et regarda le tout premier article qui concernait l'herbier des simples et elle y lut "Comité". Quelque chose ne collait pas.

Elle devait donc retourner à Pyrrit, là où elle avait aperçu les membres du fameux Comité. Elle pourrait peut-être y trouver une piste. Elle se coucha avec cette idée en tête.

Anandita l'appela entre temps au Gouvernement, pour faire un résumé concernant la table ronde qu'elle avait menée avec les acteurs des groupes d'aide.

Bien que troublée par les incohérences de son enquête, elle essayait de poursuivre son travail du mieux qu'elle le pouvait. Cependant, les préparatifs de la course de brouettes de Gypsis vinrent lui rappeler sa mésaventure passée.

Elle arriva tard au Gouvernement. Anandita traversait le couloir quand elle aperçut Dame Faresc perdue dans ses pensées. Depuis un moment chaque fois que Dame Faresc croisait Anandita, cette dernière avait les yeux rieurs.

"Bonsoir Faresc, dit-elle en souriant. Tu as l'air pensive et inquiète.
- Bonsoir Anandita, répondit Faresc en fronçant les sourcils. Oui, je me fais du souci pour la course de brouettes, la dernière fois j'ai reçu une menace.
-Tu es toujours à la quête de l'herbier des simples? demanda calmement Anandita en contenant un rire.
- Plus que jamais, acquiesça la petite Gypsote.
- Il faut que je te confie un secret Faresc. Anandita avait pris l'air sérieux, mais à la fois elle avait envie de sourire.
- Parle! cria presque Faresc qui rougit confuse de son audace.

Anandita fit entrer Faresc dans son bureau et commença son histoire :

- Voilà, comme tu le sais, je fais partie du Culte Druidique de la Déesse. Nous avons fait une découverte dans les archives du Sanctuaire. Un parchemin très ancien parlait d'un herbier des simples.

Faresc l'écoutait avec attention.

- Il y était indiqué que l'on pouvait donner des vertus thérapeutiques aux plantes, mais pas seulement. Il y était question de fromages qui auraient des pouvoirs guérisseurs ... par exemple. Pour en avoir le cœur net nous avons fait un appel dans le journal nous faisant passer pour un Comité secret. Nous étions certains que des Kiponais allaient se lancer à sa recherche. Lorsque nous avons constaté que tu étais sur une piste nous nous sommes, comment dire amusés un peu...

Faresc se leva et la regarda éberluée :

- Tu veux dire que sur les quais de Pyrrit c'était toi ? Et les pigeons morts ?

- Ils ne sont pas vraiment morts, juste un sortilège Faresc. Pour les lettres G.A eh bien c'est moi Gourverneure Anandita.

- Je n'en crois pas mes oreilles! répondit-elle ébahie, et à la course de Lapiaz alors ?

- C'est là que je dois t'avouer que je m'interroge, car je n'y suis pour rien, affirma Anandita.

Puis elle reprit :

- Quoi qu'il en soit ma chère Faresc, l'herbier des simples existe nous avons plusieurs textes qui le prouvent et je pense que tu vas très vite progresser avec tes amies quant à l'issue de votre aventure. J'ai eu un présage en ce sens.

Elles parlèrent encore un moment et Faresc rit à son tour de la supercherie dans laquelle elle s'était fourvoyée. Elle était à la fois consternée et rassurée par ces révélations.

Elle devait absolument en parler à ses amies. Comme elle se voyait mal leur expliquant tout de go qu'elle était tombée dans une grande farce orchestrée par la Gouverneure en personne, elle se décida plutôt à écrire un long pigeon à chacune de ses amies.

Elle y mit bien sûr les formes de manière à ne pas être trop ridicule.

13. chapitre 12 : L'équipée en jupons

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Chapitre 12
L'Équipée en Jupons


Le bicentenaire du Territoire approchait, et nous avions toutes plusieurs projets en cours. Finalement, nous avions décidé de programmer notre expédition pour l'an 202. Il fallait bien ça pour nous reposer et pour régler les détails de notre périple. Tout en nous activant toutes aux préparatifs de ce mémorable anniversaire, nous avions étudié tous les documents traitant de la région lapiazote et des marais salants de Lagonie.

Il y avait malheureusement très peu d'écrits sur l'histoire de ces marais. Il était de notoriété publique qu'ils pullulaient de gros moustiques féroces, porteurs des maladies les plus diverses, la dingonite étant la plus répandue. C'est d'ailleurs cette dernière affection qui avait motivé la construction de l'Asile de fous de Lapiaz.

Enfin, le jour de l'ouverture de la fête du bicentenaire était là! J'avais organisé pour l'occasion une partie de fouilles historiques. Déjà, lors du centenaire de Gypsis, les apprentis archéologues avaient récolté de somptueux vestiges, j'espérais qu'il en serait de même pour les deux cents ans du Territoire.

La fête s'était déroulée au mieux, et mes espérances avaient été plus que récompensées, le dernier jour des festivités officielles, par une découverte inattendue! C'est Armstrong, un insulaire d'Islandsis, qui avait rapporté cette relique. Il s'agissait d'un vieux livret de prières du Culte de l'Instance Suprême. Imaginez ma surprise de voir imprimé sur ses feuillets, l'emblème de la Confrérie de l'Herbier!



J'avais obtenu du Conservateur du Muséum de l'Histoire Kiponaise une copie de cet ouvrage, qui rejoignait ainsi les différents documents et indices en notre possession. Nous les avions tous rassemblés dans une grande malle, soigneusement cadenassée.

Le Comité de l'Herbier, pour se faire pardonner le petit tour joué à Faresc, lui avait confié le parchemin qui les avait mis sur la piste de ce manuscrit et la carte illisible retrouvés à Pyrrit. Salmissra y avait déposé la copie de la recette de cet onguent que possédait un vieil ermite de la forêt de Lapiaz. J'y rangeais pour ma part l'ouvrage de Kaspar Natrio, dans lequel il relatait la découverte d'une gravure de l'emblème de la Confrérie de l'Herbier sur les murs de l'ancienne mine de Gypsis, et sa rencontre avec Gaspard Aquifère, membre des Gardiens de l'Herbier (autrement dit de la Confrérie), qui lui avait remis le fameux parchemin codé qui nous conduisait à Lapiaz, dont Laufa avait percé en premier le mystère. Dana avait demandé à récupérer le bâton sculpté de l'emblème de la Confrérie, mais le Comité jurait qu'aucun bâton ne lui avait été confié.

Faresc avait alors rappelé sa mystérieuse rencontre avec cet inconnu encapuchonné lors de la course de brouettes à Lapiaz. Celui-ci avait tenté de la dissuader de poursuivre les recherches. Il semblait donc qu'un imposteur avait abusé de la confiance de Dana et s'était emparé du fameux bâton. Mon esprit vagabond me disait qu'il devait s'agir du bâton de l'un des Gardiens de l'Herbier. Se pouvait-il alors que la Confrérie de l'Herbarium ait envoyé à la recherche de l'Herbier des Simples, d'autres émissaires désireux de récupérer ce qui leur appartenait? Cela me paraissait logique après la lecture du récit que Gaspard Aquifère avait fait à Kaspar Natrio.

Cependant les menaces faites à Faresc ne collaient pas à la philosophie de la Confrérie. Une lecture plus approfondie du récit de Kaspar Natrio, nous avait appris qu'outre leur rôle de préservation, les Gardiens de l'Herbier partageaient leurs connaissances et veillaient au bon usage des diverses potions, onguents et autres cataplasmes. Qui donc était alors cet inconnu? Il nous faudrait être prudentes…

Nous sommes parties pour Lapiaz au premier mois des semaisons de l'an 202, période où les moustiques étaient les moins virulents. Salmissra nous avait gentiment offert de grands chapeaux moustiquaires, produit typique de la région de Lagonie. Il faisait assez lourd ce matin-là, quand nous nous sommes engagées sur la route menant aux marais salants. Nous avions pris une charrette pour transporter notre matériel : pioches, pelles, cordes, tonneaux d'eau, trousse de secours, etc… Nous ne savions pas exactement où commencer nos recherches. Le travail allait se révéler ardu. Nous allions devoir découper la zone en secteurs et creuser au petit bonheur la chance. A moins qu'un indice ne nous mette la puce à l'oreille…


14. chapitre 13: En route pour l'aventure

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Chapitre 13
En route pour l'aventure



Nous marchions déjà depuis quelques kipo-mois, Bibi, Faresc, Laufa,Salmissra et moi, nous enfonçant chaque jour plus profondément dans cette région marécageuse, la nuit nous fabriquions un campement de fortune avec des tentes prêtées par nos amis. Pour le moment le moral restait au beau fixe malgré la chaleur qui parfois nous incommodait et quelques vilains moustiques qui nous regardaient d'un sale œil par dessus nos grands chapeaux protecteurs offerts par Salmissra et dont nous pouvions apprécier l'efficacité. Mais nous n'avions pas oublié d'emporter une réserve de cervoise et chaque soir en désaltérant nos gosiers nous étudiions une carte de la région que Bibi toujours très organisée sortait de son précieux coffre.

Ce soir-là, elle poussa une exclamation et pointant un doigt au centre de la carte elle s'écria :

- C'est là que demain nous commencerons nos investigations! Nous marcherons jusqu'à ce point précis, il nous faudra à peine une heure pour être sur place, et là nous pourrons attaquer les fouilles. Ce secteur en plein centre des marais recèle des mystères qui ont toujours fait fuir les curieux. Certains n'hésitent pas à le qualifier de hanté et même de maléfique, mais ce ne sont à mon avis que de sombres racontars pour éloigner les fouineurs.

Et comme prévu le lendemain nous arrivâmes à l'endroit indiqué, le décor avait changé, nous avions beaucoup peiné à tirer notre charrette qui s'embourbait régulièrement, mais enfin nous étions prêtes à nous mettre au travail dans ce lieu inhospitalier qui allait certainement nous réserver des surprises.

Nous commencions à décharger notre matériel lorsque notre attention fut attirée par un drôle d'arbre aux formes insolites, trônant au milieu d'un champ d'arbustes. En s'approchant, d'un seul chœur nous poussâmes le même cri :

- Le symbole! Là! Dessiné sur le tronc! Regardez !




Et Salmissra de renchérir :

- Et ce petit terre-plein en pierres juste devant, tout ça est très curieux, on pourrait croire que quelqu'un nous montre un chemin à emprunter!

Faresc se pencha sur la carte, mit le doigt sur l'endroit où nous nous trouvions et décréta :

- Il n'y a plus de routes, rien que des ramifications qui se dessinent à partir de cet arbre ; nous n'avons plus le choix, tout nous indique qu'il nous faut pénétrer dans son antre quel que soit le piège qui nous y attend.

Soudain, le silence devint palpable, même les moustiques s'étaient tus, nous nous regardions mais nos visages exprimaient la même excitation et soudain, Laufa hérissant ses piquants et brisant le silence prononça ces paroles :

- Qui m'aime me suive! Je ne sais pas si c'est pour notre malheur ou pour notre bonheur mais notre réussite ne peut dépendre que de notre intrépidité et de notre courage à affronter tous les défis qui s'offrent à nous! N'avons-nous pas déjà vaincu une horrible créature lors de la recherche de la mine de fer de Caledonyth? Bien sûr, nous avions un grand magicien avec nous, mais nous avons aussi de grands talents en matière de magie que nous pourrions utiliser si besoin était. Il est temps de voir ce qui se cache par ici! Je crois que nous pouvons pénétrer dans ce grand trou noir en plein milieu du tronc.

Et notre petit groupe s'avança courageusement vers l'obscur trou béant, pelles, pioches, cordes sur l'épaule et torches à la main. Une grille bloquait l'entrée mais s'ouvrit facilement.

- Vraiment, de plus en plus curieux. Quelqu'un nous aurait-il devancer? Je me pose de plus en plus la question, murmura Dana.

Mais il n'était plus temps de se poser des questions. Un escalier en colimaçon descendait dans les profondeurs du sol. En file indienne, Bibi devant et Dana fermant la marche, les cinq aventurières, torches flamboyantes en main avançaient vers l'inconnu.

15. chapitre 14 : De découvertes en mésaventures

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Chapitre 14
De découvertes en mésaventures




Malgré l'enthousiasme de ses amies, Dame Faresc n'était pas tranquille. Durant les bivouacs, elle dormit peu. Restant aux aguets, les sens en éveil. Elle fut presque soulagée lorsqu'elle arriva devant l'arbre au symbole. C'est Laufa qui s'engagea la première. C'était la seule qui ne devait pas baisser la tête pour entrer.

- Bibi, cela me rappelle la découverte de la mine de Caledonyth! s’exclama-t-elle.

Elles tenaient toutes une torche à la main. Laufa était suivie de Bibitricotin, puis Salmissra2a entra dans le tronc, et ce fut le tour de Dana. Dame Faresc fermait la marche. Au moment de pénétrer dans le tronc d'arbre, elle eut la certitude que quelqu'un les observait. Un bruissement venant du buisson juste à côté et aussi le silence des oiseaux qui avaient cessé de chanter la mettaient en alerte. Elle se retourna une dernière fois mais ne vit rien.

Faresc se décida à entrer. Elle voyait danser les flammes des torches devant elle. Soudain elle entendit Laufa crier :

- Attention les filles, il y a des marches!
- Et elles ne sont pas toutes égales, soyez prudentes, ajouta Bibi.

Avant d'entamer sa descente Faresc observa de plus près l'escalier. La racine de l'arbre s'enfonçait en serpentant et en formant les marches sur lesquelles elles se tenaient. La descente parut longue bien qu'il n'y eut qu'une vingtaine de marches. Elle entendit de nouveau son amie Laufa qui cria :

- Wouaouh! c'est incroyable!

Lorsqu'elle arriva à hauteur de ses amies Faresc découvrit alors, avec surprise, une large crypte formant une salle avec une table en pierre posée au milieu. Elles en firent le tour prudemment. Dana s'éloigna du centre et alluma une torche qui se trouvait sur le mur.

- Regardez! Une alcôve avec un lit de paille! s'exclama-t-elle.

Sal éclaira une seconde alcôve. Il y en avait cinq au total, creusées à même la roche. Les lieux avaient déjà été visités. Tout avait été retourné. On pouvait apercevoir des pots à onguents brisés, des éclats de verre de fioles jetées violemment sur le sol, des livres déchirés. L'auteur de ce saccage avait sans doute était très en colère de ne pas trouver ce qu'il cherchait.

Les cinq amies ne parlaient plus et inspectaient les lieux chacune à leur manière. Le silence se brisa :

- Venez voir ! Vite!

Dana venait de trouver un bâton identique à celui qu'elle avait découvert du côté d'Aârgoni. Dame Faresc inspectait pendant ce temps les pots et fioles encore entiers. Il y avait ici du matériel pour fabriquer des potions. Elle sentit l'un des pots et se mit à éternuer, ce qui résonna dans la pièce de pierre et fit sursauter les aventurières.

Salmissra était penchée sur les restes de livres déchirés. Les reliures de bois ou de cuir portaient toutes le "symbole". Les bouts de papiers, qui restaient accrochés, lui permirent de se rendre compte qu'ils étaient du même papyrus que celui de l'ermite.

C'est dame Bibi qui découvrit les trois longues galeries dans le fond de la grotte. L'une partait vers l'Ouest, l'une vers le Nord et la dernière vers l'Est.

- Une petite visite dans ces galeries s'impose, dit-elle.

Dame Faresc toujours prudente lui répondit :

- Il faut rebrousser chemin pour l'heure, car ce n'est pas avec quelques pommes et de la cervoise que nous irons bien loin.

C'est à contrecœur que ses amies se rallièrent à son avis. Elles sortirent par où elles étaient entrées et se mirent d'accord pour préparer une expédition plus longue pour explorer l'une des galeries.

*****



La préparation de la course de brouettes occupa Bibi pour un moment et c'est en l'an 203 que celle-ci eut lieu à Aârgoni. Faresc et Dana s'en rappelleraient longtemps car elles s'étaient fait quelques frayeurs.

Juste après la course d'Aârgoni, plutôt que de rentrer tout de suite à Gypsis, Dame Faresc retourna sur le brouettodrome. Elle n'avait rien dit pour ne pas effrayer Dana, mais pour elle l'attaque de touffes d'herbes et le trou sur son parcours n'étaient pas dus au hasard.

A l'endroit où elles avaient été ensevelies par les herbes, elle commença son enquête. Dans son souvenir les touffes arrivaient toutes de derrière un buisson. Elle avança prudemment dans sa direction. Elle y découvrit des petits tas de touffes d'herbes fanées. Le sol avait été piétiné par plusieurs personnes.

De ce poste caché, on voyait très bien la course et il était facile de jeter les touffes par-dessus, sans être vu, sur la tête des concurrentes. Un parfum très étrange émanait des petits monticules, l'odeur entêtante qui ne l'avait pas quittée de toute la course après ce fâcheux épisode.

Elle éternua plusieurs fois. Cela lui rappela la grotte. Pas de doute, elle était allergique à ces herbes ou au produit dont elles avaient été enduites. Elle en ramassa une avec précaution, l'emballa dans un linge et la déposa au fond de sa besace.

Elle remonta alors le chemin vers le fameux trou, qui avait bien failli lui coûter la tête. Elle regarda tout autour et s'aperçut que des roseaux avaient été coupés et que les tiges étaient éparpillées aux alentours du trou. Le choc les avait expédiées un peu plus loin mais une chose était évidente, les roseaux avaient servi à dissimuler le trou.

On lui avait une fois de plus tendu un piège. Il fallait prévenir les autres et rapidement.


16. chapitre 15 : La Galerie du Milieu

Dernière édition : Vertumna an 214 AUC
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Chapitre 15
La Galerie du milieu


Après que Faresc leur eut exposé ses craintes quant à un éventuel complot visant à les dissuader de rechercher l'Herbier des simples, les cinq amies avaient pendant quelque temps laissé de côté l'exploration de l'arbre creux de Lapiaz et des trois galeries souterraines.

Chacune s'était employée à faire des recherches le plus discrètement possible. Salmissra, Laufa et Bibitricotin avaient étudié de près les différents ouvrages et manuscrits retrouvés dans la crypte. Dana avait parcouru le Territoire interrogeant les plus vieux menuisiers sur les motifs gravés dans les longs bâtons de bois. Quant à Faresc, elle passait de longues heures dans son laboratoire de Caledonyth à faire des tests sur les flacons de potion brisés.

Hélas, les années passaient et leurs recherches étaient jusqu'alors restées vaines. En l'an 209, soit six années après la découverte de l'arbre creux, les cinq dames se réunissaient comme à leur habitude au Manoir Bluehair'd.

- Il faut que l'on fasse quelque chose! On ne peut pas continuer ainsi! Nous n'avançons guère! disait l'une.

- Oui, c'est vrai! Rester là, alors que nous savons qu'il y a peut-être une réponse dans les galeries de Lapiaz, c'est très frustrant! répondait la deuxième.

- Absolument! Si un danger nous guette, nous saurons bien nous défendre! Nous avons déjà combattu des barbares, des SOTermites, on ne doit plus se laisser intimider par des lanceurs d'herbes! rétorquait une troisième.

- Et puis nous aussi nous avons nos armes! Que ce soit des potions ou des incantations, des piquants, des sortilèges ou des liens avec les éléments, tous ces dons doivent bien nous servir à quelque chose! assurait la quatrième.

- Eh bien, Mesdames, je crois que nous avons pris notre décision! Nous devons retourner à Lapiaz! déclarait la dernière.

C'est ainsi que les cinq aventurières reprenaient six kipo-mois après, la route de Lapiaz et de l'arbre creux.

Elles le retrouvèrent facilement, ayant fait de précieux relevés sur leur carte, la fois précédente. Le soleil n'était pas tout à fait levé, mais elles y voyaient suffisamment pour constater que les buissons et divers branchages savamment placés pour masquer l'entrée de la galerie secrète, ne semblaient pas avoir bougé. S'étant assurées tout au long du chemin de ne pas être suivies, les cinq enquêtrices entrèrent dans l'antre sombre, prenant soin de replacer derrière elles les rameaux touffus.

Une fois à l'intérieur, elles allumèrent leurs torches et descendirent prudemment les quelques marches qui les séparaient de la salle aux cinq alcôves. Laufa qui fermait la marche, disposait au centre de l'escalier un système de son invention, qui lancerait des piquants dans les jambes de ceux qui oseraient s'aventurer à leur suite. Ils étaient imprégnés d'une substance soporifique concoctée par Faresc, qui aurait endormi un crapouilla en un rien de temps!

Une fois dans la grande salle, elles enflammèrent les emplacements visiblement prévus pour éclairer le lieu, et voulurent déballer leurs affaires. Le transport avait été facilité grâce au coffre sur pattes qui suivait Salmissra partout où elle allait. Cependant ce dernier rechignait à restituer ce qu'il avait avalé!

Voilà donc les cinq Kiponaises, tentant d'encercler la boîte ensorcelée, celle-ci jouant comme un jeune chiot fier d'avoir attrapé une balle et ne voulant pas la lâcher! Mais Salmissra connaissait le point faible de son coffre. Elle sortit de sa gibecière un chapelet d'andouillettes.

- Attention, Mesdames, dès qu'il ouvre le couvercle précipitez-vous dessus… dit-elle à mi-voix à ses compagnes.

Toutes se tenaient prêtes, et le coffre se pourléchant déjà les jointures ouvrit bientôt grand son couvercle pour tenter d'engloutir les andouillettes! Mais c'était sans compter sur la vivacité de ces Dames. Elles se saisirent du couvercle qu'elles ouvrirent en grand, immobilisant en même temps le coffre sur pattes de Salmissra. En effet, une fois grand ouvert, celui-ci reprit la fonction d'un banal coffre en bois que ses assaillantes s'empressèrent de vider.

Cette fois, elles avaient pris soin d'apporter une bonne quantité de vivres, des instruments de fouilles, des sacs en coton pour y mettre d'éventuelles trouvailles, deux pioches, deux pelles, deux marteaux, une trousse de secours, deux lampes à graisse de marcassin pour le cas où il faudrait pallier à un manque d'éclairage, ainsi que trois cordes et une boussole, sans oublier les couvertures de laine.

Elles passèrent les premières heures à aménager au mieux la grande salle, en profitant également pour mieux en examiner les coins et les recoins. Les paillasses étant incroyablement bien conservées, elles n'eurent qu'à les recouvrir avec des couvertures, pour en faire des couches assez confortables pour y passer deux ou trois nuits. Leur matériel entreposé, et n'ayant pas fait de découverte extraordinaire, elles se retrouvaient à présent face aux trois entrées des galeries sombres.

- Alors, on y va? demandait l'une.

- Il va bien falloir, répondait la deuxième.

- Oui, mais par laquelle commencer? questionnait la troisième.

- Nous n'avons qu'à faire un tirage au sort, rétorquait la quatrième.

- Attendez! s'exclamait la cinquième, l'une d'entre nous possède un bâton qui saura nous indiquer par où commencer!

Toutes tournèrent la tête vers le bâton de Dana resté près de sa couchette.

- Mais bien sûr! s'écriait Dana, il a toujours été de bon conseil!

Aussitôt dit, Dana prit son bâton en main, pria la Déesse et posa le bâton sur le sol face aux trois entrées. Celui-ci se mit brusquement à tournoyer, tel une girouette! Toutes guettaient le moment où il s'arrêterait. Les minutes passaient et le bâton ne s'arrêtait pas.

- Je ne comprends pas, disait Dana, il n'a jamais été aussi indécis!

- Peut-être qu'il y a quelque chose qui l'empêche de bien fonctionner, lui dit Laufa pour la rassurer.

- Je peux peut-être essayer de l'aider à se concentrer, dit à son tour Salmissra.

Celle-ci, qui avait plus d'un tour dans son sac, s'assit en tailleur, ferma les yeux, et attrapa le bout de ses oreilles avec chacune de ses mains. Elle prononça une incantation dans un langage que seuls les membres du Cercle des Sorcières peuvent comprendre, et ouvrit brusquement les yeux.

- Alors? demanda-t-elle sourire aux lèvres.

Mais devant la mine déconfite de ses compagnes d'aventure elle dût se rendre à l'évidence. Le bâton continuait de tournoyer inlassablement.

- Il y a quelque chose d'autre, dit soudain Faresc.

Tous les regards se portèrent sur elle.

- Je ne peux pas dire ce que c'est, mais j'en ai le pressentiment, affirmait Faresc.

Un silence pesant s'installa, car au fond, toutes avaient plus ou moins cette drôle de sensation.

- Eh bien, peut-être n'y a-t-il pas de choix à faire, déclara Bibitricotin rompant ainsi le silence. Laissons parler notre intuition! Je ne sais pas pour vous, mais la galerie du centre m'attire…

- Moi aussi! Répondirent en chœur Dana, Faresc, Laufa et Salmissra.

- Cela ne peut être une coïncidence, mais nous devons tout de même rester sur nos gardes, ajouta Faresc.

- Pas d'inquiétude! J'ai encore quelques pièges à piquants en réserve! lança Laufa.

- Réveillons mon coffre, il pourrait nous être utile, renchérit Salmissra joignant le geste à la parole en allant rabattre le couvercle sur le coffre, qui, heureux de retrouver sa maîtresse, se mit à gambader autour d'elle.

- Je reprends donc mon bâton, en espérant qu'il nous sera d'un plus grand secours en cas de besoin… grommela Dana quelque peu déçue de la défaillance de son bâton magique.

- Prenons le matériel de fouille, les outils, un ou deux sacs et emportons une petite collation ainsi que la trousse de secours! Ah, n'oublions pas une corde, les lampes et la boussole! énumérait Bibitricotin que l'exploration à venir enthousiasmait au plus haut point.

Les cinq exploratrices se rassemblèrent devant l'entrée de la galerie du milieu.

- Prêtes? demanda Bibitricotin, la voix empreinte d'exaltation.

- Prête! répondirent en chœur ses quatre amies.

Et elles entrèrent dans la galerie du milieu.



17. chapitre 16 : Armoiries sur édredon

Dernière édition : Helia an 217 AUC
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Chapitre 16
Armoiries sur édredon



La galerie était sombre. Grâce à leurs cinq torches elles pouvaient voir à quelques pas devant elles. Le couloir semblait très étroit et long. Elles se regardèrent cherchant l'assentiment de toutes, elles firent un oui de la tête et se mirent en marche.

Faresc était la dernière, cela devenant presque une habitude. Elles marchaient depuis un moment déjà lorsqu'elle se retourna une première fois ; dans le fond elle aperçut la lumière que diffusait la lampe à graisse de marcassin qu'elles avaient laissée allumée. L'entrée se dessinait distinctement.

Toutes regardaient à droite et à gauche pour ne pas passer à côté d'une inscription ou d'une décoration, mais il n'y avait rien. Rien que deux murs rectilignes s'enfonçant dans les ténèbres et paraissant d'une longueur défiant l'imagination.

Le silence qui s'installa entre elles, signifiait que toutes, sans exception aucune, devaient réfléchir, cherchaient à comprendre, les sens en éveil.

Laufa qui paraissait fatiguée demanda:

- Depuis combien de temps marchons-nous?
- Longtemps, répondit l'une d'elles,
- Trop longtemps à mon avis, conclut l'autre.

Dame Faresc se retourna une seconde fois et ne vit alors qu'un petit point de lumière dans le fond de la galerie.

- Faisons une pause et buvons un peu d'eau, ces murs sont secs, aucune humidité ici, c'est incroyable.
- Nous avons l'impression de descendre depuis quelque temps,
- Oui, nous nous enfonçons de plus en plus.

La tension était palpable. Les mots étaient mesurés et aucune d'entre elles n'avait envie de rire ou de s'écarter du but de leur enquête. Pourtant à leurs heures, elles étaient plus que bavardes.

Après avoir étanché leur soif, elles repartirent. Il y avait bien une heure qu'elles avançaient quand soudain le couloir s'ouvrit sur un espace plus large, face à elle un mur.

- Zut, un cul-de-sac!
- Regardez ! Il y a des torchères sur les murs de côté.

Avant même d'avoir consulté les autres, Dana et Salmissra allumèrent dans un geste quasi simultané l'une le vase qui se trouvait à droite, l'autre celui de gauche.

Ce qu'il se passa à cet instant précis fut étonnamment rapide et dans la confusion, il est difficile de dire vraiment ce qu'il arriva réellement ; Dana et Salmissra disparurent dans le mur. Elles furent comme happées, avalées par le mur!

-Dana!
-Salmissra!
Les trois dernières enquêtrices criaient sans être entendues, tapaient sur le mur mais personne ne répondit à leurs coups.

Bibi fut la première à reprendre ses esprits et à essayer de comprendre.

- Regardez si vous voyez quelque chose qui puisse servir de déclencheur à une ouverture secrète, une porte dérobée. Bref, réfléchissons!

Elles avaient beau chercher, rien , il n'y avait rien.

- Peut-être pourrions-nous éteindre et refaire les mêmes gestes que Sal et Dana, suggéra Laufa
- Mauvaise idée, l'une de nous resterait seule ici et ce n'est pas le moment de nous séparer, conclut Bibitricotin.

Faresc frissonna. L'atmosphère de la petite pièce, sans porte, ni fenêtre, avait changé. Elle constata avec effroi qu'elle avait les pieds dans l'eau. Elle se retourna et remarqua que du couloir en pente de l'eau dévalait dans le cul-de-sac, à la vitesse d'un torrent. Les murs ruisselaient. Elle entendait l'eau.

- Vite! Il faut partir! Regardez l'eau va envahir la pièce! Le niveau de va pas tarder à monter!

Laufa et Bibi comprirent très vite de quoi il s'agissait. Elles ne se firent pas prier et les trois amies se mirent à courir dans le passage légèrement pentu. Leur course était rythmée par la cadence du clapotis de leurs pieds.

Bibi commença à regretter de ne pas avoir participé plus souvent aux courses de brouettes, ni même à l'entraînement des athlètes, car elle s'aperçut très vite que Laufa et Faresc avaient un rythme bien meilleur que le sien.

Arrivées sur le plat elles ralentirent un peu et regardèrent les murs qui dégoulinaient. Tous les dix pas, à hauteur d'homme, on pouvait voir l'emblème : le serpent ondoyant entre deux pattes griffues.

- Il n'y avait rien tout à l'heure!
- Exact! Continuons! Allons jusqu'à la crypte, ne traînons pas!

Elles y pénétrèrent enfin.
- Nous voilà au sec ! dit Laufa.

En regardant dans la galerie qu'elles venaient de quitter, Faresc s'exclama :
- Regardez ! Plus rien ! Plus d'eau, plus d'emblème. Avons-nous été victimes d'une hallucination?

Bibi qui haletait s'exclama :
- Par le grand crapouilla, vous avez la forme les filles!

Elle se dirigeait vers les alcôves pour s'asseoir et reprendre son souffle quand elle cria :

- Venez par ici!

Elles avaient peine à en croire leurs yeux. Dana et Sal reposaient chacune sur une couche. Non pas recouvertes des couvertures qu'elles avaient apportées, mais d'un magnifique édredon aux armoiries l'une de Lapiaz, l'autre de Koryndon. Les trois autres lits attendaient visiblement les deux Gypsotes et la petite Caledonyenne.

- Que devons-nous faire? demanda Faresc

Elles commencèrent par essayer de réveiller Dana et Sal, mais elles paraissaient inconscientes. Les secouer, crier ne servit à rien. Ce qui rassura nos trois amies fut sans aucun doute le visage serein qu'arboraient les deux dormeuses. Sal eut même un sourire.

Faresc sortit une fiole, à peine ouverte se dégagea alors une odeur nauséabonde qui aurait réveillé un mort.

- Pouah! C'est quoi ce truc?
- C'est une préparation d'huile de poisson et de graisse de marcassin, macérées dans une peau mal tannée, avec quelques croûtes de fromage. Je m'en sers pour éloigner les moustiques des marais.

Elle le passa sous le nez de Sal, mais celle-ci continua de sourire, tandis que Bibi et Laufa suppliaient Faresc de refermer au plus vite le récipient.

La conclusion parut évidente en voyant les trois autres lits ; il fallait s'y installer.

- Je crois que nous allons prendre un peu de repos. Qu'en pensez-vous? dit Dame Faresc.
- Essayons, que pourrait-il nous arriver? Peut-être que l'une d'entre nous devrait attendre de voir ce qu'il se passe pour les deux autres proposa Laufa.
- C'est vrai que cela serait plus prudent dit Bibi.

Laufa tournait autour du petit lit qui lui était destiné. On connaissait l'amour qu'avait la hérissonne pour sa cité et pour en défendre les couleurs et pourtant:

- Comment sont-elles arrivées ici? Et puis ce lit bien qu'aux couleurs de Caledonyth me fait un peu peur, je ne m'y coucherai jamais.

L'une faisait les cent pas, l'autre était au chevet de Sal et Dana et la troisième regardait la galerie du milieu fixement. Comment pouvaient-elles se retrouver dans un lit? Y avait-il une issue qui donnait directement dans la crypte?

- Nous ne pouvons pas rester ici infiniment, je pense qu'elles ne dorment pas, elles sont dans un état "second". Une sorte de coma. Il faut que l'une d'entre nous se dévoue.
- On tire à la courte paille?
- Ben, je ne sais pas trop, c'est une décision pas facile à prendre.

Soudain la pièce se trouva envahie d'un parfum agréable.

- Tu as ouvert une nouvelle fiole Faresc?
- Non, pas du tout.

Laufa se mit à bâiller et se dirigea tout droit vers la couche et s'y installa en disant:

- Je ne sais pas pour vous, mais moi j'ai envie de dormir.
- Laufa, attends que fais-tu? Je croyais que tu ne voulais pas t'y installer.
- Faresc! Je tombe de sommeil moi aussi, cette odeur enivrante me fait somnoler, dit Bibi.
- Bon sang! Le parfum! J'ai l'impression que l'on nous invite à dormir, alors à quoi bon résister! Installons-nous et nous verrons bien.

Elles se couchèrent avec quelque appréhension. La paillasse de chaque alcôve avait fait place à un lit très confortable et elles s'endormirent aussi vite que cela puisse être. Faresc eut l'impression d'avoir juste le temps de fermer les yeux. Lorsqu'elle les ouvrit de nouveau, elle était dans la région de Lapiaz, mais à la fois ce n'était pas celle qu'elle connaissait. Elle aperçut Sal et Dana.

- Il n'est pas trop tôt, on vous attendait!

18. chapitre 17 : L'apparition

Dernière édition : Frodea an 221 AUC
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Chapitre 17
L'apparition



On se souvient que nos cinq enquêtrices après avoir respiré un parfum enivrant qui les avait plongées dans un profond sommeil, se réveillèrent dans la région de Lapiaz. Ce fut Faresc qui la première sut où l'équipe se trouvait sans cependant bien reconnaître les lieux.

- Hello les filles! Tout le monde va bien? Nous avons récupéré Sal et Dana, tout le monde est là, mais que s'est-il donc passé? Comment avons-nous pu atterrir ici? Et d'abord de quel côté de Lapiaz sommes-nous? Bibi as-tu la corne de licorne qui te sert de boussole?

- Oui, répondit Bibi, mais tout d'abord reprenons nos esprits car c'est une drôle d'aventure qui vient de nous arriver. Je crois pouvoir dire que nous avons été expulsées de ces lieux souterrains par une magie très élaborée. Sans vraiment savoir qui se cache là dessous, on peut être sûres que nous avons affaire à de puissants magiciens. Apparemment ils n'ont pas voulu nous supprimer je pense donc qu'ils désirent que nous continuions notre quête afin de voir jusqu'où va nous entrainer notre curiosité.

Laufa qui avait retrouvé un moral au beau fixe après ce profond sommeil déclara :
- En tout cas, je ne sais pas à quel endroit nous sommes mais je proposerais bien de nous diriger vers le nord, je connais un chemin après les marais qui mène à un ancien temple désaffecté, plus personne ne fréquente ces lieux aussi pourrions-nous aller y faire une petite visite.

Salmissra assise sur son coffre qui lui aussi se trouvait là répliqua :
- Non, je connais l'histoire de ce temple perdu et mon instinct me dit que l'ouest serait une meilleure idée. A mi-chemin entre Lapiaz et Piethra se trouvent des vestiges d'un monde ancien, un lieu béni pour des ermites et où de mystérieux druides pourraient être les gardiens du trésor que nous recherchons.

Dana se taisait ne sachant que dire, trop jeune pour connaitre les lieux secrets de ce territoire. Elle ne pouvait donner aucun avis si ce n'est de questionner son bâton magique. Mais depuis quelques temps, celui- ci semblait dépassé par une magie plus grande que la sienne.

Alors Faresc mit tout le monde d'accord :
- Nous savons que nous sommes à Lapiaz sans cependant reconnaître le lieu exact ; nous savons que nos recherches doivent se centrer par ici car c'est là que nous ont conduites toutes nos investigations. De puissants ennemis nous suivent sans vouloir nous exterminer dans l'immédiat, je vous propose donc de rester là et d'essayer de comprendre comment ce qui nous est arrivé a pu se produire.

Cette intervention fit l'unanimité. Toutes les cinq restaient tout de même encore bien ébranlées par leur aventure souterraine.

La journée se passa à étudier ce qui les entourait. Le site était humide avec une belle végétation, mais aucune habitation alentour. Les marais ne devaient pas être loin car on pouvait entendre des coassements de crapauds par intermittence. Le soir tomba, Sal sortit de son coffre quelques aliments qui furent les bienvenus. Dana alluma un feu à l'aide de son bâton et chacune s’emmitoufla dans une couverture pour s'endormir bientôt. C'est alors qu'au coeur de la nuit, au même moment, elles furent réveillées par des rafales de vent qui leur gifflèrent le visage et les firent se dresser sur leur séant.

Faresc, la première à reprendre ses esprits s'écria :
- Regardez là-bas, il y a quelqu'un qui approche!

On distingua tout d'abord une forme vêtue d'une longue tunique sur laquelle, dans l'obscurité profonde de la nuit, on pouvait voir resplendir le lumineux emblème du serpent entouré de fleurs. L'apparition stoppa à quelques mètres et d'une voix distincte se mit à parler :

- Je viens vous mettre en garde contre de grands dangers qui vous menacent. D'autres que vous sont prêts à se battre pour trouver ce que vous cherchez. Vous approchez du but mais attention! Il va vous falloir encore beaucoup de courage et de ténacité, de la méfiance, mais aussi découvrir le secret des armoiries que vous avez pu voir sur les édredons dans la crypte. Maintenant je m'en vais, ne vous éloignez pas trop de ce lieu, il est plein des signes du passé qui vous guideront si vous savez les décrypter.

Et la forme disparut laissant nos amies muettes de stupéfaction.

Enfin Dana prit la parole :
- Que comptez-vous faire? Les ennuis ne sont pas terminés à ce qu'il paraît! Il me semble que notre nuit soit achevée ; moi je ne pourrai plus dormir après cette mise en garde.

Salmissra à son tour prit la parole :
- Nous ne savons pas qui est cette apparition, cependant il n'avait pas l'air de nous être hostile, allons-nous écouter ses conseils?

A son tour Laufa s'exclama :
- Par mes piquants! Moi je continue l'aventure!

Et Faresc de soutenir :
- Bien sûr nous sommes arrivées jusqu'ici, il n'est pas question de se laisser impressionner par de nouveaux dangers.

Enfin Bibi nous donna son avis :
- Je suis d'accord avec vous toutes, notre quête doit aller jusqu'au bout. Cette apparition, loin de nous effrayer, semble être de notre côté. Il va nous falloir résoudre quelques énigmes et nous méfier d'ennemis mystérieux, cela nous le savions déjà. Par contre, nous sommes au bon endroit, il ne nous reste plus qu'à essayer de finir la nuit du mieux possible et demain nous partirons à la recherche de ces signes du passé qui doivent nous conduire à l'herbier.

Sur ces paroles, toutes se recouchèrent et tentèrent de se rendormir. Mais leur excitation était telle qu'elles avaient hâte de voir arriver l'aube qui devrait leur apporter d'autres surprises.